Bisses du Valais

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Message  ADMIN le Lun 20 Avr - 19:03

Particularité valaisanne et témoins d’une véritable épopée sociale du canton du Valais, les bisses sont des canaux d’irrigation construits entre le XIIIe et le XXe siècle sur les coteaux et les vallées latérales du canton.

Une origine controversée
L’origine des bisses reste sujette à interrogation. Les premiers documents écrits attestant de leur existence remontent au milieu du XIIIe siècle. En consultant la documentation historique de cette période, on constate que la construction d’un bisse était souvent réalisée en citant l’existence d’un ancien bisse. Cette indication suggère donc une antériorité. Malgré cela, l’historien valaisan Pierre Dubuis propose l’hypothèse suivante sur l’origine des bisses. Jusqu’au milieu du XIVe siècle, l’agriculture valaisanne produisait essentiellement des céréales, culture qui ne nécessite pas d’irrigation. Vers l’an 1350, les ravages dus à l’épidémie de la peste ont provoqué une forte diminution de la population locale et un abandon progressif de cette culture. Les surfaces agricoles à disposition sont devenues des pâturages et des prés de fauche, ce qui favorisa le développement de l’élevage d’animaux de rente. Cette forme d’agriculture apporte une alimentation plus riche en protéines mais nécessite une irrigation intensive. La configuration géographique du canton du Valais et son climat sec, dû au changement climatique de l’époque, obligèrent les habitants du Vieux Pays à entreprendre la construction de canaux d’irrigation, que l’on dénomme de nos jours « bisses », en allant chercher l’eau dans les rivières situées au fond des vallées latérales pour l’amener jusque sur les terres dédiées à l’élevage. C’est une première forme d’agriculture intensive, puisque les pâturages ainsi arrosés produisent, durant la belle saison, non seulement l’herbe pour la pâture des animaux mais également, une fois l’herbe fauchée, le fourrage nécessaire à leur alimentation durant l’hivernage.

Des dénominations régionales
D’après les indications documentées, la construction des bisses débute à la même période sur l’ensemble des régions du canton du Valais. Au départ, leur désignation est différente selon les régions. Dans le Bas-Valais, on parle de «rais, raye». Dans le Valais central, c’est la forme «bief» à l’origine du mot «bisse» qui prévaut, et ses nombreuses variantes «bai, bi, bie, bis, bye». De nos jours, la dénomination «bisse» est majoritairement utilisée par l’ensemble des régions francophones. Dans le Haut-Valais, qui est la partie alémanique du canton, les anciens mots de «Suonen» et «Wasserleiter » sont toujours en vigueur.

Les bisses, source de conflits
L’exploitation des bisses à travers les siècles a donné lieu à de nombreux conflits régionaux qui ont quelques fois dégénéré jusqu’au sang. Il a fallu souvent l’intervention des évêques et des seigneurs de l’époque pour apaiser les tensions entre les différentes communautés en conflit. En effet, bien que l’eau soit encore de nos jours considérée comme un bien commun, son usage est une question de survie. Comme les droits sur les terres de l’époque n’étaient pas aussi bien légiférés qu’actuellement, l’affrontement entre communautés proches était inévitable.

Des constructions communautaires
Pour la construction de ces ouvrages souvent spectaculaires, car nombre d’entre eux traversent et longent des parois vertigineuses, les communautés concernées se sont constituées en associations appelées consortiums, dont certains existent encore de nos jours. Les membres du consortium, désignés sous le nom de consorts, prenaient part à la construction du bisse, en se mettant à disposition comme main d’œuvre. Le temps de travail de chacun était calculé au prorata des surfaces agricoles dont il avait l’usage. D’autres bisses furent construits par des bourgeoisies. Ces dernières, constituées par les propriétaires d’une commune, assuraient la gestion collective des biens. Leurs règles de mise à disposition de main d’œuvre étaient similaires à celles qu’appliquaient les consortiums. Plus rarement, les bisses étaient construits à l’initiative d’un seigneur de l’époque qui finançait et payait les ouvriers qui participaient à la réalisation de l’ouvrage.

La volonté d’entreprendre
La construction des bisses était une entreprise conséquente et souvent périlleuse. Pour bien comprendre toutes ses implications, il faut se projeter dans le temps, aux différentes époques de leur réalisation, et s’imaginer que les seuls moyens à disposition étaient quelques outils rudimentaires comme des pelles et des pioches, ainsi que du bois et des cordes pour fixer des canaux suspendus qui traversaient des parois au-dessus de plusieurs centaines de mètres de vide ! Tout cela, bien entendu, en n’utilisant que la force des bras et le génie de l’homme. Il fallait avoir un véritable esprit de pionnier pour se lancer dans de telles entreprises. Certains l’ont d’ailleurs payé de leur vie. La plupart des bisses étaient des ouvrages longs de 5 à 10 kilomètres. Le plus long d’entre eux, le bisse de Saxon, parcourt 28 kilomètres. Sa prise d’eau se trouve dans la Printze à Siviez/Nendaz et il termine sa course sur les hauts de Saxon. Le deuxième bisse du Valais par la longueur est celui du Levron qui se situe entre 2400 et 1900 m d’altitude dans les alpages de Verbier. Il mesure 18 kilomètres.

Une répartition géographique sur tout le territoire.
Des bisses existent à toutes les altitudes et dans toutes les régions. Jusqu’au début du XXe siècle, il y en avait plus de 200 en exploitation, ce qui représentait environ 1800 kilomètres de canaux d’irrigation. Ils étaient entretenus régulièrement et leur usage était strictement réglementé. Chaque bisse était surveillé par un garde, qui parfois logeait dans une cabane située au bord du cours d’eau. Certaines de ces habitations existent encore aujourd’hui. Le rôle du garde était de veiller au bon écoulement de l’eau et à la bonne répartition des droits d’arrosage des ayants droits.

Le tourisme, la deuxième vie des bisses
Une grande partie des bisses ont disparu, victimes de la modernisation et de la transformation économique de nos sociétés. Dans certains cas, en observant bien le paysage, on peut deviner des vestiges et imaginer leur parcours. Ceux qui subsistent suscitent de la part des populations locales de plus en plus d'intérêt pour leur valeur touristique. C'est la raison pour laquelle ils sont remis en état et entretenus par des associations à but non lucratif.

Source : House of Switzerland.org
► Sites : https://www.les-bisses-du-valais.ch/fr/
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Message  ADMIN le Sam 25 Avr - 11:41






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