Le franches-montagnes, le cheval 100% helvétique

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Message  ADMIN Jeu 8 Avr - 18:03

Le Haras National Suisse (HNS) travaille depuis 120 ans à la promotion des traditions équestres du pays tout en occupant une place centrale dans le monde de la recherche équine. Intégré depuis 2008 à Agroscope, le centre de compétences de la confédération pour la recherche agronomique, les collaboratrices et les collaborateurs du Haras s’investissent dans des projets destinés essentiellement à mettre en lumière une part du patrimoine vivant helvétique : Le franches-montagnes.

L’origine de cette race est attestée depuis deux siècles dans le Jura historique suisse. Anciennement dédié à l’agriculture, le franches-montagnes est devenu aujourd’hui un partenaire très apprécié tant par les amateurs d’équitation et d’attelage de loisirs que par des sportifs de compétition. En tant qu’unique race équine suisse, le cheval franches-montagnes bénéficie du soutien du Haras national situé à Avenches, petite ville romaine au bord du lac de Morat. Ingénieurs agronomes, biologistes, vétérinaires, généticiens… les chercheurs ont des profils bien différents mais partagent la mission commune de répondre aux problématiques soulevées par la pratique équine, de promouvoir le bien-être de l’animal, et de partager leur savoir.

Le groupe de recherche du Haras est divisé en deux équipes. Iris Bachmann, suppléante du chef de groupe, explique : «La première équipe étudie les méthodes de détention et l’éthologie équestre, soit l’étude du comportement ; la deuxième se focalise sur l’élevage et la génétique principalement sur la race du franches-montagnes». En quoi consiste exactement leurs activités?

L’étude de l’ADN pour sélectionner les étalons, mais pas seulement

Propriétaire d’environ quatre-vingt étalons et juments de plusieurs races, le Haras permet à ses collaborateurs d’être en lien direct et permanent avec les chevaux. Ruedi von Niederhäusern, chef de groupe, détaille : Le Haras possède une cinquantaine d’étalons franches-montagnes. Etant la seule race suisse, le franches-montagnes fait partie du patrimoine national et notre mission consiste à soutenir son élevage en proposant des projets innovants pour l’amélioration de la race par la sélection, ainsi que pour la promotion de la filière, de l’élevage à la commercialisation.  L’élément clé du programme consiste à sélectionner chaque année les meilleurs étalons reproducteurs de Suisse. Suite à une présélection basée sur l’esthétique du cheval, les plus beaux spécimens sont réunis à Avenches et sont évalués à l’attelage et en équitation pendant 40 jours. C’est ce que l’on appelle le «test en station». Seul les meilleurs franches-montagnes sont sélectionnés afin d’améliorer et pérenniser la race.

L’analyse ADN prend aussi une place de plus en plus importante dans la recherche équine au service de l’élevage. Annik Gmel, doctorante au Haras, étudie justement les critères esthétiques de la morphologie ainsi que les allures du cheval franches-montagnes. Elle mesure et note différents spécimens selon ces critères pour, dans un deuxième temps, comparer ces données avec les profils génétiques des chevaux étudiés : «L’objectif est de trouver les gènes déterminant pour la qualité de l’allure ainsi que pour la morphologie typique du franches-montagnes afin de sélectionner de façon plus précise» explique-t-elle.

Le bien-être des chevaux avant tout
Le Haras est notamment précurseur dans le système de détention des étalons en groupe : «A force d’étudier leurs comportements depuis plus de 10 ans, on a remarqué que les étalons habituellement détenus séparément vivent en réalité très bien en groupe si les conditions s’y prêtent» explique Iris Bachmann. Réunis dans un parc, les étalons interagissent, ce qui offrent des opportunités d’observations précieuses : «Cela ouvre des voies pour l’élevage, pour l’amélioration des techniques de détention, pour la gestion du stress de l’animal, notamment lors des concours car le franches-montagnes est particulièrement utilisé en dressage. D’autre part, le smart-farming ouvre d’immenses possibilités pour mieux comprendre le comportement des chevaux ! Par exemple, depuis une année, certains animaux ont été munis de capteurs qui mesurent leurs mouvements et leurs attitudes». Ainsi collectées, les données sont complétées par des observations du comportement de l’animal faites par des chercheurs. L’ensemble des informations est ensuite analysé par des ordinateurs dotés d’intelligence artificiel (machine learning) qui établissent des corrélations au moyen d’algorithmes. Le système peut ensuite reconnaître par exemple la race, le sexe et même la personnalité d’un cheval. Dans un deuxième temps et grâce au développement de nouveaux algorithmes, il sera possible de simplement filmer un cheval en temps réel pour détecter des signes de stress ou de douleur de façon plus performante que l’être humain.

L’importance d’étudier le caractère du franches-montagnes

L’éthologie, à savoir l’étude de la psychologie et du comportement des chevaux, est un domaine phare du groupe de recherche. L’une des études en cours se base sur une collecte de données issues des propriétaires de franches-montagnes. Ces derniers fournissent des informations sur leurs propres traits de caractères ainsi que ceux de leurs chevaux. Ils doivent également décrire leur relation et leur entente. Une fois les données compilées, Iris Bachmann et son équipe espèrent pouvoir déterminer les personnalités compatibles entre cheval et acquéreur.

Anja Zollinger, collaboratrice scientifique, explique la démarche : «Si on réalise ces études sur l’éthologie du franches-montagnes, c’est surtout parce que sa qualité principale est son caractère doux, qui en fait un cheval parfait pour les loisirs. On cherche donc, à travers ces études sur le caractère, à mieux connaître son tempérament pour pouvoir mettre en avant et exploiter cet atout». Dans ce but de promotion du franches-montagnes, le Haras a récemment mis au point, en collaboration avec la fédération des franches-montagnes, une stratégie de sensibilisation du grand public.  

Le transfert de connaissances et les collaborations

La valeur pédagogique et académique du Haras dans le domaine équestre est sans égal en Suisse. Composé en bonne partie de doctorants, d’étudiants en master ou encore de stagiaires, le groupe de recherche collabore aussi avec d’autres institutions nationales et internationales. «Comme pour les autres instituts de recherches, nous avons besoin de fonds tiers pour réaliser des projets, engager des doctorants et publier» raconte Iris Bachmann. Le transfert de connaissance, l’une des missions essentielles du Haras, ne s’arrête pas aux publications scientifiques. Tous les collaborateurs enseignent notamment dans les universités, les écoles polytechniques, les écoles professionnelles du pays et donnent aussi des cours aux cavaliers et détenteurs de chevaux. Des portes-ouvertes et des concours ont lieu régulièrement au sein même de l’institution.

Le travail des chercheuses et des chercheurs du Haras national suisse est au service de la pratique et de la promotion du patrimoine équin suisse. Cette institution joue ainsi un rôle essentiel pour les acteurs du monde équestre et remplit une mission unique dans le paysage culturel suisse.

SOURCE : House of Switzerland (voir l'article 03.10.2018)
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