UNIGE : Combattre la SEP par le froid

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Message  Gentiane Sam 30 Oct - 20:29

Le froid pourrait aider à combattre la sclérose en plaques
Des chercheurs ont émis l’hypothèse que le froid pourrait améliorer les symptômes de la maladie. Les résultats sur des souris sont concluants.

Le froid pourrait atténuer les symptômes de la sclérose en plaques en privant le système immunitaire de son énergie, selon une étude genevoise publiée en couverture de la revue Cell Metabolism. Ces travaux posent les bases d’un concept biologique fondamental sur l’allocation des ressources énergétiques.

Les maladies auto-immunes surviennent lorsque le système immunitaire attaque ses propres organes. Le diabète de type 1, par exemple, est causé par la destruction erronée des cellules pancréatiques productrices d’insuline, a indiqué vendredi l’Université de Genève (UNIGE) dans un communiqué.

La sclérose en plaques est la maladie auto-immune la plus courante du système nerveux central. Elle se caractérise par la destruction de la myéline, une isolation protectrice des cellules nerveuses qui joue un rôle important dans la transmission correcte et rapide des signaux électriques. Cela entraîne des troubles neurologiques et peut notamment conduire à la paralysie.

«Les mécanismes de défense de notre corps sont coûteux en énergie et peuvent faire l’objet de compromis lorsque plusieurs d’entre eux sont activés. L’organisme peut ainsi être amené à prioriser l’allocation des ressources dans ses différents programmes de défense en fonction de leur valeur de survie», indique Mirko Trajkovski, professeur au Département de physiologie cellulaire et métabolisme de l’UNIGE et auteur principal de l’étude.

«Nous avons émis l’hypothèse qu’introduire un programme supplémentaire coûteux en énergie pourrait mitiger la réponse immunitaire et améliorer les symptômes de la maladie», ajoute le chercheur, cité dans le communiqué.

Une réduction drastique des symptômes
Pour vérifier cette hypothèse, les scientifiques ont placé des souris souffrant d’encéphalomyélite auto-immune expérimentale, un modèle de sclérose en plaques humaine, dans un environnement un peu plus froid – environ 10°C – après une période d’acclimatation consistant à diminuer progressivement la température ambiante.

«Après quelques jours, nous avons observé une nette amélioration de la sévérité clinique de la maladie, ainsi que de l’étendue de la démyélinisation observée dans le système nerveux central», explique Doron Merkler, professeur au Département de pathologie et immunologie de l’UNIGE et co-auteur des travaux.

Les animaux n’ont eu aucune difficulté à maintenir leur température corporelle à un niveau normal, mais, singulièrement, les symptômes de troubles locomoteurs ont diminué de façon spectaculaire, passant de l’impossibilité de marcher sur leurs pattes arrières à une légère paralysie de la queue.

«Soi» et «non-soi»
La réponse immunitaire repose, entre autres, sur la capacité de certains monocytes – des cellules immunitaires dites «présentatrices d’antigènes» – à indiquer aux lymphocytes T immunitaires comment reconnaître les éléments du «non-soi» qui doivent être combattus. Or, dans les maladies auto-immunes, les antigènes du «soi» sont confondus avec ceux du «non-soi».

«Nous montrons ici que le froid module l’activité des monocytes inflammatoires en diminuant leur capacité de présentation de l’antigène à combattre, ce qui limite de ce fait l’activation des lymphocytes T, des cellules au rôle critique dans l’auto-immunité», note Mirko Trajkovski.

En obligeant l’organisme à augmenter son métabolisme pour maintenir sa chaleur, le froid prive le système immunitaire de ressources. Cela entraîne une diminution des cellules immunitaires nocives et améliore par conséquent les symptômes de la maladie.

Maladies auto-immunes en augmentation
L’amélioration des conditions de vie dans les pays occidentaux au cours des dernières décennies est allée de pair avec une augmentation des cas de maladies auto-immunes.

«Si cette augmentation est sans aucun doute multifactorielle, le fait que nous disposions de ressources énergétiques en abondance pourrait jouer un rôle important, mais encore mal compris, dans le développement de ces maladies», conclut Doron Merkler.

Les scientifiques vont maintenant poursuivre leurs recherches afin de mieux comprendre comment leur découverte pourrait être développée dans des applications cliniques.

Source : 24heures.ch (22.10.2021)
Gentiane
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